Jim Cramer est l'animateur de l'émission financière de CNBC "Mad Money" @CNBC

PEOPLE

Le plus grand analyste financier de la télévision américaine ne veut plus entendre parler des énergies fossiles

Par   Ludovic DUPIN |Publié le 10/02/2020

Il n’y a plus d’argent à se faire avec les actions pétrolières et gazières. Telle est le dernier conseil choc de l’analyste financier, star de la TV américaine, Jim Cramer. Il assure que les pétroliers, en risque avec de nombreux stranded asset, ne sont plus attirants en regard d’autres entreprises engagées dans la transition énergétique comme Tesla.

L’émission de Jim Cramer, Mad Money, sur CNBC est une institution de la télévision américaine. En chemise, cravate et manches relevées, l’homme est à l’origine de cette image traditionnelle d’animateur haranguant téléspectateurs et dirigeants d’entreprise sur les bons choix d’investissements. Le seul enjeu est de gagner le plus possible. Pas de conviction derrière tout cela. Aussi début février, l’homme a donné un énorme coup de pied dans la fourmilière en assurant qu’il n’y avait plus aucun argent à se faire dans le pétrole et le gaz !

Le plus frappant de l'histoire, c'est qu'une personnalité en dehors des cercles habituels de la finance durable prenne toute la mesure de la théorie des "stranded assets", selon laquelle les actifs des majors pétrolières vont perdre toute valeur du fait de l'évolution du marché. "Je ne suis pas ici pour prendre des positions politiques. Mon travail est de vous aider à essayer de gagner de l'argent. Et la vérité est que je ne pense plus pouvoir vous aider à gagner de l’argent avec les actions pétrolières et gazières", a-t-il déclaré dans son émission. Plus tard, dans une interview, il ajoute : "J'en ai fini avec les combustibles fossiles... ceux-ci sont juste finis. Nous commençons à voir des désinvestissements partout dans le monde".

Du mauvais côté de l’histoire

À l’origine de cette réaction de rejet de l’animateur star, on retrouve les résultats 2019 décevants d’Exxon et Chevron. Par exemple, ce dernier a enregistré une perte de 6,61 milliards de dollars au quatrième trimestre. Il en vient à comparer l’industrie pétrolière à celle du tabac dont de nombreux fonds d'investissements ne veulent plus posséder aucune action.

Il compare aussi les pétroliers à Tesla, une entreprise symbole de la transition énergétique que l’analyste a pourtant longtemps critiqué. "La raison pour laquelle je pense que les pétroliers sont du mauvais côté de l’histoire n’a rien à voir avec la politique mais a tout à voir avec le fait que l’action de Tesla augmente énormément (+150% en un an, ndr) et que celle d'Exxon a baissé (-20 % en un an, ndr) après que Goldman Sachs l’a passée de conserver à vendre".

La perte d’attrait des pétroliers n’est pas qu’une analyse de Jim Cramer. Fin janvier 2020, les valeurs pétrolières pesaient moins de 4 % du S&P 500, l’indice phare américain. Il y a encore quelques années, elles en représentaient entre 16 et 18 %. Le PDG de Total, qui a présenté des résultats plutôt au-dessus de la moyenne de son secteur, a conscience de ce problème. Peu de temps avant le forum de Davos en janvier, il expliquait qu’"il y a un sujet d’attractivité de notre secteur pour les investisseurs".


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