L'intelligence artificielle permet de croiser les sources d'information et d'identifier les zones cachées de l'ESG., @Pixabay

BOÎTE À OUTILS

[À retenir] PRI in Person : les données ESG en pleine disruption

Par   Anne-Catherine HUSSON TRAORE |Publié le 17/09/2019

L’intelligence artificielle commence à faire son entrée dans le monde de la donnée ESG, mais encore à petit pas. Lors d’une session des PRI in Person, Gareth Sheperd, de G Squared Capital, a cependant prévenu comment les nouvelles technologies allaient transformer le métier de la gestion d’actifs.

Les trois jours des PRI in Person, organisés à Paris du 10 au 12 septembre, ont permis d’aborder, des sujets comme les challenges auxquels sont confrontées les données ESG. Une session était dédiée à l’utilisation de l’intelligence artificielle par les Hedge funds. Le vote réalisé dans la salle a montré que 70 % des investisseurs responsables présents ne l’utilisent pas pour leur gestion ESG. 

Gareth Sheperd, de G Squared Capital, les interpelle aussitôt : "L’intelligence artificielle n’est ni magique ni effrayante. Elle permet seulement de se débarrasser du bruit pour identifier les vrais signaux ceux qui sont utiles aux investisseurs responsables en quête de matérialité." Il affirme qu’aujourd’hui les standards d’évaluation ESG qui font référence (MSCI, Sustainalytics, etc.) ont tous une vision linéaire et similaire de l’ESG. Même si leurs méthodologies diffèrent, cette homogénéité ouvre la possibilité pour les grandes compagnies d’obtenir de bons ratings ESG en cochant les bonnes cases. 

Identifier les zones cachées ESG

Ce type de ratings ne permet donc pas d’identifier les "zones cachées" de risques ESG et surtout d’évaluer le coût de ces risques. Il cite en exemple Facebook dont le talon d’Achille était la faible protection de ses données personnelles qui n’était pas intégrée dans son évaluation ESG. 

L’intelligence artificielle permet de croiser en profondeur des données venues de sources très différentes ce qui est indispensable pour comprendre par exemple quelles sont les trajectoires climat sur lesquelles se trouvent les entreprises ou leur capacité à affronter une grande crise en approvisionnement de matière première. Les données d’émissions fournies par l’entreprise sont loin d’être la source la plus utile pour les dispositifs d’intelligence artificielle.

Ces disruptions majeures pour les données ESG commencent à être anticipées par certains acteurs comme MSCI qui a annoncé début septembre avoir racheté la startup Suisse Carbon Delta, étoile montante de l’analyse des données climat. Mais Gareth Sheperd annonçait des disruptions plus radicales, persuadé que la gestion quantitative des données ESG serait très bientôt confiée à des machines capables de traiter leur complexité et que la gestion responsable dite active exercerait plutôt ses talents dans le domaine de l’engagement actionnarial. Disruption "Fintech" en vue pour le monde de l’investissement responsable traditionnel.