Le GreenFin Label vient remplacer l'ancien label TEEC (Transition Écologique et Énergétique pour le Climat)., DR

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Finance : Le label vert français devient GreenFin pour affirmer son identité environnementale

Par   Anne-Catherine HUSSON TRAORE |Publié le 11/06/2019

Exit le label TEEC (Transition Écologique et Énergétique pour le Climat), qui devient GreenFin. Le ministère de la Transition Écologique et Solidaire revoit l’habillage de son label pour relancer l’investissement vert. Il cible notamment les épargnants, soucieux d’investir dans une économie durable, et qui, avec la loi Pacte, seront incité à orienter leur assurance-vie vers des produits financiers labellisés.

GreenFin tel est désormais le nom du label public vert français qui s’offre un lancement à la hauteur de ses ambitions, soutenu par un événement au Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire et la publication d’une vidéo pédagogique. Ce changement donne un nouvel élan à une démarche née de la mobilisation sur le climat de 2015 dont l’objectif reste d’attirer des financements vers les activités à bénéfice environnemental et d’offrir aux épargnants un repère de qualité.

Trois ans après son démarrage, le label public français part à la conquête de nouveaux publics dans un nouvel habillage : un logo vert qui évoque la protection de la nature et un nom "GreenFin Label", sous-titré France Finance Verte. Le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire qui mise sur la finance verte, fait ce changement dans un contexte porteur : la loi Pacte prévoit d’inclure, dès 2020, un produit financier labellisé (ISR ou GreenFin) dans l’offre d’assurance vie et le projet de création d’un éco label pour les produits financiers dans le cadre du plan d’action européen pour la finance durable est lui aussi encourageant.

Un bilan honorable pour le label vert français

Le label Transition Écologique et Énergétique pour le Climat (TEEC, selon son acronyme) sort de scène avec un bilan honorable. Une trentaine de fonds et 7 milliards d’euros d’encours bénéficient de ce label vert aux exigences environnementales fortes. Il est attribué à des fonds investis dans des entreprises cotées dont les activités sont, en partie, vertes comme à des fonds non cotés dédiés aux énergies renouvelables ou à d’autres projets à bénéfice environnemental. 

En 2015, le pari était osé. Pour encourager un marché encore balbutiant, il a été décidé de mettre l’accent sur les qualités vertes des produits non seulement par la sélection des activités financées mais aussi par l’exclusion des énergies fossiles et nucléaires ainsi que des entreprises controversées. "Trop exigeant !" se sont exclamés les professionnels qui, pour certains, lui ont préféré le label ISR plus axé sur les processus de gestion. 

Partir à la conquête des épargnants

Ils n’avaient pas forcément intégré dans l’équation l’épargnant désireux de financer une transition énergétique et écologique qui lui semble de plus en plus impérative. Ce dernier a besoin de garanties crédibles sur les qualités environnementales du produit. C’est le travail de vérification que fait Novethic.  "Auditer un fonds candidat au label n’est pas toujours simple, explique Nicolas Redon, expert finance verte de Novethic en charge des audits. Il faut analyser en profondeur les activités des entreprises en portefeuille pour déterminer leur part verte. Mieux vaut connaitre les diverses technologies."

2020 devrait être une bonne année pour le label GreenFin désormais prêt à partir à la conquête des épargnants. Mais cela ne suffira pas pour voir se multiplier les fonds bénéficiant de cette garantie environnementale. Il faut surtout que les entreprises réorientent massivement leurs activités vers des modèles à bénéfice environnemental mesurables et communiquent sur la part verte de leurs chiffres d’affaires. Le plus gros reste à faire.