2021 : cinq controverses ESG qui ont agité les entreprises

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BUSINESS CASE

2021 : cinq controverses ESG qui ont agité les entreprises

Par  Novethic, Arnaud DUMAS|Publié le 24/12/2021

Facebook, NSO Group, DWS… L’année 2021 s’est révélée chaotique pour ces entreprises ayant fait l’objet de controverses environnementales, sociales ou de gouvernance (ESG). Ces sujets sont en effet regardés de plus en plus prêt tant par les régulateurs que par la société civile, qui dénonce régulièrement les dérapages des entreprises.

NSO Group mis sur liste noire

C’était une pépite de la tech israélienne. Mais depuis quelques temps, le groupe NSO est regardé avec beaucoup de prudence par les investisseurs. Au mois de novembre, le département du Commerce américain a en effet placé l’entreprise sur sa liste noire des entreprises étrangères dont l’activité est susceptible de menacer la sécurité des États-Unis. En cause, son logiciel Pegasus, qui aurait été utilisé pour espionner tant des membres de gouvernements, que des journalistes ou des activistes. La décision américaine a eu pour effet immédiat de faire tomber en flèche la valeur de la dette du groupe. Selon le Financial Times, le groupe envisagerait même de se séparer de son logiciel controversé.

Facebook épinglé pour l’utilisation des données personnelles

Depuis l’affaire Cambridge Analytica, Facebook est une société habituée des controverses sur son utilisation des données personnelles de ses utilisateurs. Cette année, la pression est cependant montée d’encore un cran avec les révélations de Frances Haugen face au Sénat américain. L’ancienne salariée du réseau social a déclaré que Facebook faisait primer son intérêt financier sur l’intérêt général, en laissant remonter des contenus dangereux, comme cela a été le cas pendant l’attaque du Capitole en début d’année. À tel point que des députés américains réfléchissent à une loi pour responsabiliser les réseaux sociaux sur leurs contenus. En Europe, un Digital Services Act (DSA) est en réflexion pour réguler les contenus et services en ligne, la France souhaitant le faire avancer lors de sa présidence de l’Union européenne. Des réglementations qui pourraient modifier à terme le modèle d’affaires des géants du numérique.

Total connaissait l’impact climatique de ses produits dès 1971

Total est devenue TotalEnergies cette année, pour marquer son virage vers les renouvelables. Une étude publiée en octobre dans la revue Global Environmental Change a cependant bousculé la communication du groupe. Les auteurs déclarent que le groupe français connaissait les conséquences négatives de ses produits sur le réchauffement climatique dès 1971. Le document montre également les stratégies mises en place pour nier ou relativiser le réchauffement climatique, tout en poursuivant d’exploiter du pétrole. Ces pratiques des majors pétrolières sont déjà bien connues de l’autre côté de l’Atlantique, notamment pour Exxon. C’était cependant la première fois qu’un travail d’historien était réalisé sur la firme française.

DWS sous enquête de la SEC et de la BaFin

Se déclarer durable ne suffit pas pour l’être. DWS, la société de gestion filiale de Deutsche Bank, risque de l’apprendre à ses dépens. La Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés américains, et la BaFin, son homologue allemand, ont lancé une enquête sur la stratégie durable de DWS. L’affaire est partie des révélations d’une ancienne employée de la société allemande, qui déclarait que DWS surestimait sciemment sa part d’actifs gérés de manière durable, ce que la société de gestion a fermement nié. 

Allbirds rate son introduction en Bourse "durable"

La marque de basket chérie des startuppers de la Silicon Valley aurait tellement voulu inventer une autre façon de s’introduire en Bourse. Elle avait mis au point un prospectus d’introduction en Bourse assorti de critères de durabilité, afin de s’attirer les faveurs des investisseurs soucieux de la planète. Et espérait lancer un mouvement, en permettant à d’autres sociétés d’utiliser sa méthodologie. Mais la SEC n’a pas été convaincue. Au fur et à mesure de l’avancement du processus, les mises à jour successives ont progressivement réduit la portée du cadre durable de l’offre d’introduction en Bourse, le régulateur demandant de revoir le prospectus.■


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