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BUSINESS CASE

Green Assets Wallet : la Blockchain se met au service des Green bonds

Par  Arnaud DUMAS|Publié le 01/06/2020

BlackRock et Öhman Fonder viennent d’apporter leur soutien à la fintech Green Assets Wallet, qui développe une plate-forme sur la Blockchain pour faciliter le reporting des obligations vertes. Un soutien de poids qui démontre l’intérêt des investisseurs pour des solutions qui facilite la gestion des données.

Le Green Assets Wallet vient de recevoir deux soutiens de poids. BlackRock, la société de gestion américaine, et le Suédois Öhman Fonder viennent d’inviter les émetteurs de Green bonds à s’inscrire sur cette nouvelle plate-forme. Ces deux investisseurs, très présents sur le marché des obligations vertes, leur demandent d’utiliser cette interface innovante de reporting en y inscrivant les données liées à leur émission, de l’allocation de l’argent dans des actifs verts à l’impact environnemental des projets financés.

Ces deux soutiens illustrent l’intérêt des acteurs financiers pour cet outil, issu des cerveaux du Stockholm Green Digital Finance, le centre de recherche suédois sur les fintechs durables. La startup ambitionne de dynamiser le marché des Green bonds en fluidifiant le reporting et en réduisant les coûts, autant pour les émetteurs que pour les investisseurs. La gestion des données des entreprises et leur collecte alourdissent en effet les procédures d’émissions vertes.

L’outil utilise pour cela la technologie de la Blockchain, afin de sécuriser et rendre plus fiables toutes les informations qui y sont enregistrées. Le principe d’une Blockchain consiste en effet à inscrire des données sur un interface, ces données étant ensuite enregistrées définitivement dans plusieurs maillons de la chaîne et ne peuvent plus être modifiées. L’historique des données peut donc être consultée en permanence, sans altération. 

Collecter les données des émetteurs

Concrètement, trois types d’utilisateurs se serviront du Green Assets Wallet. Les émetteurs inscrivent les données de leur Green bond sur leur interface. Les validateurs, qui peuvent être une tierce partie où l’émetteur lui-même, certifient documents à l’appui que les engagements sur l’utilisation de l’obligations vertes ont bien été tenus. Enfin, en bout de chaîne, les investisseurs ont accès à toutes les informations des émetteurs, et pourront les comparer et les évaluer plus facilement.

Le nerf de la guerre, c’est donc la donnée des émetteurs. La jeune pousse, créée en 2017, a passé ses premières années d’existence à développer sa technologie. Opérationnelle depuis quelques semaines, elle doit désormais recruter des utilisateurs. "Plus il y aura d’émetteurs qui font leur reporting, plus la plate-forme aura de valeur", explique Cecilia Repinski, la directrice générale de Green Assets Wallet. Aujourd’hui, 27 émetteurs ont ouvert un compte sur la plate-forme, aussi bien des entreprises, des entités publiques que des émetteurs financiers. "Notre objectif est d’avoir embarqué au moins 100 émetteurs avant la fin de l’année, mais notre but est d’en atteindre bien d’autres ensuite", reprend Cecilia Repinski. Le soutien de BlackRock et d’Öhman Fonder vient donc à point nommé.

Solution gratuite pour les émetteurs

L’utilisation du Green Assets Wallet est pour le moment gratuite, la plateforme est aujourd’hui hébergée par le Stockholm Green Digital Finance. À terme, une société sera créée, dont le centre d’innovation demeurera le principal actionnaire, afin de monétiser la solution. La gratuité devrait néanmoins perdurer pour les émetteurs et les tierce partie, qui valident les Green bonds. Seuls les investisseurs seront mis à contribution, modeste selon les dirigeants du Green Assets Wallet, sans doute à partir de la fin 2020.

Ce sont en effet eux qui ont le plus à gagner de la généralisation de cet outil. "Le Green Assets Wallet crée de la valeur pour les investisseurs à travers des gains de temps en termes de recherche, d’évaluation des Green bonds et de collecte de rapports d’impact crédibles", explique Frederic Nyström, en charge des investissements responsables chez Öhman Fonder.

La startup a déjà de nombreux projets en soute, pour développer son outil. Il est pour l’instant spécifique aux Green bonds, mais il pourrait à l’avenir être étendu à d’autres types de produits verts. De même, la jeune pousse s’intéresse de près aux travaux sur la taxonomie européenne des activités vertes. "En plus de nos fonctionnalités sur le reporting d’impact quantifiable, nous offrons aussi la validation sur la Blockchain. Bientôt, nous allons explorer comment utiliser cette fonction pour garantir la conformité avec la taxonomie européenne. Nous pensons que ce sera utile autant pour les émetteurs que pour les investisseurs", explique Cecila Repinski.


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