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Biodiversité : des fonds verts européens manient l'exclusion pour préserver la nature

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L'ACTU

Biodiversité : des fonds verts européens manient l'exclusion pour préserver la nature

Par  Arnaud DUMAS|Publié le 07/09/2021

Une centaine de fonds verts européens prennent en compte des critères liés à la préservation de la biodiversité dans leur stratégie d’investissement, selon une nouvelle étude de Novethic Market Data. Ces fonds pratiquent en général l’exclusion d’un ou plusieurs thèmes liés à la biodiversité. La généralisation de la prise en compte de la préservation de la biodiversité bute encore sur des questions méthodologiques, mais des initiatives d’investisseurs commencent à se saisir du sujet.

Huile de palme, OGM, pesticides… C’est en se penchant sur les activités risquant de porter atteinte à la nature que les sociétés de gestion commencent à prendre en compte la biodiversité dans leurs stratégies d’investissement. Une étude de Novethic Market Data a passé au crible les exclusions pratiquées par les 429 fonds verts européens. Il en résulte qu’une centaine d’entre eux exclut un voire plusieurs thèmes en raison des atteintes portées à la nature, pour un encours total de 85 milliards d’euros.

L’exclusion de l’huile de palme constitue le moteur principal des stratégies liées à la biodiversité, 31 sociétés de gestion la pratiquant dans 59 fonds. Déforestation, destruction de l’habitat d’espèces animales, non-respect des droits humains… les controverses entourant l’huile de palme ont conduit les investisseurs à s’en détourner depuis plusieurs années. La culture des OGM, avec 46 fonds, se place juste derrière l’huile de palme, suivie par le secteur de la pâte à papier, avec 18 fonds qui l’excluent notamment en raison des risques de pollution que sa production engendre.


Le risque avéré de la perte de biodiversité

Le fait que ce soit principalement par des stratégies d’exclusion que les sociétés de gestion agissent en faveur de la biodiversité, montre à quel point la nature reste difficile à appréhender par les investisseurs. Mais de plus en plus d’acteurs responsables travaillent pour une prise en compte de la biodiversité dans leurs portefeuilles au même titre que le climat. Pendant le Congrès mondial de la Nature organisé à Marseille par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne, a d’ailleurs clairement déclaré que la perte de biodiversité constituait un risque pour la stabilité financière, tout comme le climat. La Banque de France vient justement de publier un article pour le démontrer.

Des acteurs financiers ont également appelé les dirigeants mondiaux à inclure au programme de la COP 15 le financement des solutions de préservation de la biodiversité ainsi que les exclusions des activités néfastes. Une cinquantaine d’entre eux se sont regroupés au sein de la coalition Finance for biodiversity pledge, dans laquelle ils partagent notamment des méthodologies pour mesurer l’empreinte de la biodiversité dans leurs portefeuilles. Les investisseurs travaillent également sur un cadre de reporting commun, au sein de la Task force on nature-related financial disclosures (TNFD), le pendant de la Task force on climate-related financial disclosures (TCFD). ■


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