Le forum des investisseurs à impact s'est tenu les 2 et 3 octobre 2019 à Amsterdam., @ACHT

L'ACTU

Global Impact Investing Network, rendez-vous européen pour Américains engagés

Par   Anne-Catherine HUSSON TRAORE |Publié le 07/10/2019

Le rendez-vous annuel des investisseurs en quête d’impact avait lieu à Amsterdam les 2 et 3 octobre. La nécessité de disposer de mesures d’impacts environnementaux et sociaux, robustes et crédibles, des investissements était au cœur de leurs discussions. Elle est indispensable pour garder leur crédibilité aux démarches d’impact investing, devenu un marché mondial évalué à plus de 500 milliards de dollars par le GIIN.

Même si on était en Europe et que la reine Maxima des Pays-Bas est venue participer aux débats, le sommet organisé pendant deux jours à Amsterdam par le Global Impact Investing Network (GIIN), était résolument américain, participants comme intervenants. Nombreux étaient ceux venus découvrir ce nouveau secteur de la finance et ses règles, intéressés par la promesse de "pouvoir concilier performances financières et bénéfices environnemental et social", tout en ne sachant pas très bien en quoi cela consiste. Ils avaient le choix entre une vingtaine d’ateliers et de tables rondes pour le découvrir. 

L’impact investing est un secteur en plein développement qui touche de nombreuses activités comme le montre l’étude réalisée par le GIIN. Avec malgré tout deux dominantes : l’énergie et la microfinance, associés à d’autres services financiers.

Allocation sectorielle des actifs sous gestion des membres du GIIN

(Source : GIIN)

L’approche privilégiée par les participants du GIIN est la conciliation des qualités environnementales et/ou sociales d’un investissement avec des performances financières. Ce mélange de styles s’illustrait parfaitement à l’atelier de travail sur l’investissement forestier. The Forest Company y détaillait à la fois la capacité de séquestration de 3,3 millions de tonnes de CO2 (soit l’équivalent de 7 % des émissions suédoises) de ses arbres au Brésil et leurs 8 % annuels de rendement. Exercice plus complexe pour le réseau d’investissement pour les réfugiés emmené par John Kluge (le "Refugee Investment Network"). Son organisation s’efforce de casser les stéréotypes sur les réfugies dont le nombre explose partout dans le monde, en expliquant comment financer des solutions qui les aident à devenir autonomes. Le cadre proposé par le réseau permet aux investisseurs d’évaluer non seulement ce que sont des investissements favorables aux réfugiés mais aussi quels sont les bénéfices qu’ils apportent.

Deux référentiels d’impacts proposés

Les fondateurs du GIIN sont très conscients des risques que fait courir sur la crédibilité de la démarche d’impact un développement décousu où tout le monde adopte son propre indicateur d’impact. Ils sont persuadés qu’il est désormais nécessaire de normer la mesure d’impact pour faciliter la comparabilité des investissements. C’est pourquoi ils proposent d’ores et déjà deux référentiels, l’un sur l’accès à l’eau, l’autre sur la construction d’habitations.

Pour ne pas diluer le concept d’impact, les participants du Forum ont tous insisté sur la nécessité de développer la recherche et la collecte de données fiables. La majorité estime que c’est aux investisseurs de prendre en charge cette dimension pour faciliter l’audit des démarches d’impact dans cette phase où l’intentionnalité ne suffit plus.