La réglementation est l'un des facteurs qui pousse les sociétés de gestion vers l'analyse ESG de leurs portefeuilles., @Pixabay

L'ACTU

Investissement responsable : l’AFG dévoile ses chiffres pour 2018

Par   Arnaud DUMAS |Publié le 26/07/2019

Les sociétés de gestion intègrent de plus en plus l’analyse ESG dans leur activité. L’article 173, qui oblige les investisseurs à dévoiler la manière dont ils prennent en compte les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, constitue l’un des principaux moteurs de cette tendance. Les autorités de régulation prévoient toutefois de passer en revue ces nouveaux engagements des acteurs financiers.

L’Association française de gestion (AFG) vient de publier ses chiffres sur l’investissement responsable, en partenariat avec le Forum de l’investissement responsable (FIR). Selon l’enquête auprès de ses adhérents, l’encours de la gestion ISR s’élève à 417 milliards d’euros fin 2018, dont 55 milliards d’euros pour les fonds labelisés ISR, contre 310 milliards l’année précédente. L’encours de la gestion affichant une approche ESG atteint, quant à lui, 1042 milliards d’euros, contre 771 milliards l’année précédente.

"Cette progression s’explique notamment par la demande des investisseurs institutionnels qui, du fait de la réglementation de l’article 173 de la loi de transition énergétique de 2015, doivent communiquer comment elles intègrent les données ESG dans leurs investissements. Les sociétés de gestion étendent donc l’analyse extra-financière dans leur gestion", estime Laure Delahousse, la directrice générale adjointe de l’AFG. Les mandats de gestion ISR ou ESG dominent le marché, représentant 65 % des encours.

Plusieurs aspects à l'analyse ESG

Depuis quelque mois, plusieurs sociétés de gestion, comme Amundi, Axa IM ou BNP Paribas AM, ont annoncé leur intention d’intégrer progressivement des critères d’analyse ESG à l’ensemble de leur gestion d’actifs. Cette intégration ESG peut toutefois revêtir plusieurs aspects. Elle peut se faire à l’échelle de la recherche, au moyen d’outils permettant d’évaluer les entreprises, à l’échelle des titres, l’analyse ESG influe alors, par exemple, sur la valorisation du titre, ou encore à l’échelle des portefeuilles, le gérant doit dans ce cas respecter un score ESG minimum ou s’engager à améliorer ce score.

Un élément va cependant changer dans les prochains mois. Les autorités de supervision, AMF (sociétés de gestion) et ACPR (banques, assurances), ont déclaré le 2 juillet dernier qu’elles allaient mettre en place un dispositif de suivi des engagements pris par les acteurs financiers. "Le régulateur va s’impliquer davantage dans leur stratégie ESG, en vérifiant comment ce qu’elles promettent se traduit dans leur politique d'investissement", rappelle Laure Delahousse. L’AMF et l’ACPR prévoient également de créer des commissions consultatives composés d’acteurs financiers, d’ONG, d’experts, etc., pour travailler sur des méthodologies communes.