La croissance tranquille du marché des fonds durables face à la nouvelle règlementation SFDR

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L'ACTU

La croissance tranquille du marché des fonds durables face à la nouvelle règlementation SFDR

Par  Anne-Catherine HUSSON TRAORE|Publié le 09/11/2021

Les fonds durables continuent de progresser et atteignent 719 milliards d’euros au troisième trimestre, selon les derniers chiffres de Novethic Market Data. La réglementation européenne SFDR devait apporter de la clarté quant au niveau d’ambition durable de ces fonds. Mais les différences d’interprétation entre chaque fonds continuent d’entretenir la confusion.

Les chiffres du marché des fonds durables de Novethic Market Data témoignent de la forte croissance (+56 %), au troisième trimestre, d’un marché sur lequel le label ISR continue de dominer. Il représente 524 milliards d’euros sur un total de 719 milliards d’euros. Mais les fonds durables ont désormais une nouvelle qualification. La réglementation SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) exige qu’ils soient classés en article 8 ou 9 selon leur degré d’exigence. 

Plus de la moitié des 1111 fonds, répertoriés par Novethic Market Data, sont classés en article 8, c’est-à-dire qui promeuvent des caractéristiques environnementales et/ou sociales. Et près d’un tiers sont placés en article 9, qui contribuer à un objectif environnemental ou social. Novethic Market Data a analysé plus précisément les caractéristiques de cette dernière offre, théoriquement la plus exigeante. Si ces produits sont majoritairement thématiques, on trouve aussi des fonds best in class et bas carbone. 

L’interprétation très libre des sociétés de gestion sur la notion de fonds durable exigeant montre que la première étape de la règlementation européenne ne permet pas de sortir du flou et des approximations. Ainsi, alors que les exigences européennes leur demandent de leur fournir une liste d’indicateurs, seuls 60 % des fonds communiquent sur un indicateur de durabilité. De même, ces fonds doivent décrire leur alignement avec les activités listées par la taxonomie européenne, or un seul fonds s’est doté d’un objectif de pourcent de revenu vert aligné sur la taxonomie. 

Enfin, alors que l’objectif durable poursuivi doit être décrit, on trouve des phrases aussi vagues que : "réaliser une performance supérieure à l’indice […] en mettant en œuvre une stratégie ISR", "offrir une performance […] liée à l’évolution du marché des obligations vertes", "contribuer à la transition vers une économie à faible émission de carbone", ou encore "faire progresser les objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies".

Problème de communication

Il faudra sans doute attendre le déploiement complet de la règlementation SFDR pour y voir plus clair. Mais la difficulté majeure réside dans la communication faite à l’épargnant qui a déjà du mal à repérer les labels existants. Le taux de notoriété du label ISR, qui est un label axé sur les processus d’intégration ESG, avoisine les 15 % mais il est attribué à 154 fonds classés article 9. Pire, certains utilisent ce classement comme un label en créant leur propre logo.


La Commission Européenne a publié le 22 octobre une réglementation technique qui précise ses attendus. Ils sont très loin des éléments trouvés par Novethic Market Data… ■
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