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La TNFD nomme ses 30 experts, dont de nombreux Français, sur les risques liés à la perte de biodiversité

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L'ACTU

La TNFD nomme ses 30 experts, dont de nombreux Français, sur les risques liés à la perte de biodiversité

Par  Arnaud DUMAS|Publié le 01/10/2021

Trente dirigeants économiques vont rejoindre les rangs de la Taskforce on Nature-related Financial Disclosures (TNFD), pour une première réunion de travail prévue le 6 octobre. Parmi les membres, se trouvent une majorité de représentants de la finance qui cherchent à mesurer l’impact de leurs portefeuilles sur la nature, mais aussi bon nombre de secteurs industriels dont les activités engendrent souvent des pertes de biodiversité.

La TNFD va pouvoir officiellement commencer ses travaux. La Taskforce on Nature-related Financial Disclosures vient de nommer les trente experts qui seront chargés d’élaborer cet alter ego "biodiversité" du cadre de reporting climatique de la TCFD. Ceux-ci viennent de 14 pays différents et sont catégorisés entre les représentants du secteur financier, ceux des entreprises et ceux des fournisseurs de services financiers. Cinq membres supplémentaires devraient les rejoindre bientôt.

Les bientôt 35 membres de la TNFD travailleront avec les deux co-présidents, nommés mi-septembre, Elizabeth Mrema, secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique des Nations-Unies, et David Craig, conseiller stratégique du London Stock Exchange. Les membres de la TNFD vont se répartir dans cinq groupes de travail concernant : la définition des risques liés à la nature, la disponibilité des données, le panorama des standards et des indicateurs, le développement d’un cadre béta, et le test du premier cadre. Les nouveaux membres de la TNFD vont se réunir pour la première fois le 6 octobre prochain afin de lancer leurs travaux.

Les acteurs financiers représentent en toute logique la cohorte la plus fournie, emportant la moitié des sièges de la TNFD. Parmi eux, de nombreux représentants français, comme Céline Soubranne, directrice du développement durable d’Axa, Sébastien Soleille, directeur transition énergétique et environnement de BNP Paribas, Marine de Bazelaire, conseillère groupe sur le capital naturel de HSBC, et Ladislas Smia, directeur de la recherche durable chez Mirova. 

Plusieurs de ces nouveaux membres français de la TNFD font d’ailleurs déjà partie d’une alliance visant à développer un modèle d’empreinte biodiversité. Il y a un an, Axa IM, BNP Paribas AM, Mirova et Sycomore ont choisi la fintech française Iceberg Data Lab pour les aider à mieux comprendre les risques liés à la perte de biodiversité.

Agroalimentaire, mines, énergies fossiles représentées dans la TNFD

Les membres français travailleront avec des directeurs ESG de grandes institutions internationales comme BlackRock, Bank of America, le fonds AP7, UBS ou Rabobank. Un autre groupe de sept personnes représentants les fournisseurs de services financiers travailleront également sur le cadre de reporting, avec des membres des géants de l’audit (Deloitte, EY, KPMG, PwC), des agences de notation (Moody’s, S&P Global Trucost) et une place boursière (Singapore Exchange).

Aux côtés des représentants du secteur financier, les dirigeants de la TNFD ont également recruté neuf représentants des entreprises. Ceux-ci ont été choisis parmi les secteurs les plus fortement dépendants de la nature ou ayant le plus fort impact sur la biodiversité. On y trouve ainsi des sociétés du secteur de l’agroalimentaire (AB Inbev, Nestlé), de la construction (Holcim), des compagnies minières (Anglo American) ou encore des énergies fossiles (Ecopetrol). La plupart des personnalités rejoignant la TNFD sont des directeurs ou directrices du développement durable des entreprises, avec également une directrice de la gestion des risques (Nestlé) ou un directeur financier (Tata Steel).

Les entreprises présentes dans le groupe de travail de la TNFD doivent apporter leur point de vue d’industriels sur la préservation de la nature. Une question se pose néanmoins de savoir si leurs attentes ne risquent pas d’être contradictoires avec la création d’un cadre de reporting ambitieux, permettant de comprendre en quoi leur business model porte atteinte à un écosystème naturel. Ce possible conflit d’intérêt se retrouve dans d’autres groupes de travail, comme la Plateforme européenne sur la finance durable. Cette instance de conseil de la Commission européenne compte une douzaine d’associations de secteurs industriels en plus de quelques responsables d’entreprises comme Airbus, Iberdrola ou E.On.

Les travaux de la taskforce doivent aboutir fin 2023 sur un cadre de reporting pour les acteurs économiques. Mais dès le début de l’année prochaine, un premier cadre devrait circuler afin de recueillir les avis des acteurs du marché. ■


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