Le fonds souverain du Qatar, partenaire particulier de la stratégie de transition de RWE

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L'ACTU

Le fonds souverain du Qatar, partenaire particulier de la stratégie de transition de RWE

Par  Paul Kielwasser | Publié le 16/11/2022

L’énergéticien allemand a annoncé début octobre l’acquisition du portefeuille énergies renouvelables d’un opérateur régional américain. Cet investissement de taille pour sa stratégie de transition est en partie financé par une entrée au capital du fonds souverain du Qatar. Celui-ci devient le premier actionnaire de l’entreprise et poursuit ainsi une politique d’acquisitions outre-Rhin.

Dans un secteur chahuté par la crise liée au conflit en Ukraine, RWE a plutôt mieux résisté que d’autres énergéticiens allemands, grâce aux résultats de ses ventes d’électricité et à une liquidation rapide de son passif russe. Le groupe basé à Essen a donc pu se passer de soutien public et maintenir son objectif d’investissement dans les énergies renouvelables. Dernier investissement en date, RWE a ainsi décidé de racheter les actifs solaires et éoliens de l’américain Consolidated Edison, pour 6,8 milliards de dollars. Une transaction facilitée par un investisseur bien connu en Allemagne, le fonds souverain du Qatar.

Qatar Investment Authority (QIA), appellation officielle du véhicule d’investissement de l’État qatari, compte, outre le club de football du Paris Saint-Germain, plus de 450 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Le fonds souverain a fourni 2,4 milliards d’euros en cash à RWE dans le cadre d’une obligation convertible, en échange d’environ 9% du capital, devenant ainsi son premier actionnaire individuel. 

La transaction permet à RWE de doubler sa capacité de génération à partir de sources renouvelables aux États-Unis, pour devenir, selon le Financial Times, le quatrième plus gros opérateur sur ce marché. Il récupère également un important pipeline de projets en développement. Une étape importante dans la stratégie de transition du groupe, qui entend investir 50 milliards d’euros dans les énergies vertes d’ici à 2030. Il diversifie ainsi ses sources de production d'énergie, chacune ayant un impact différent sur le marché (pour tout savoir sur la formation des prix de l'énergie selon les différentes sources, lire le Brief Essentiel sur le sujet).

Une valeur de premier ordre, mais pas sans risque

QIA est un partenaire financier bien connu des milieux économiques allemands. Premier actionnaire individuel de Deutsche Bank, premier investisseur étranger de Volkswagen, le fonds a récemment fait partie des acheteurs de référence pour l’introduction en Bourse de Porsche. L’accord conclu avec RWE semble donc refléter une perception plus positive du statut de l’entreprise.

Les bons résultats de l’énergéticien ont insufflé une bonne dynamique à son cours de Bourse, dans un environnement de marché pourtant négatif. RWE reste pourtant une valeur controversée. La décision de prolonger la durée de vie de deux centrales à charbon a ravivé le feu des critiques, même si elle a été prise au nom de la sécurité énergétique et en parallèle d’un avancement à 2030 de la sortie complète du lignite.

QIA et RWE partenaires d’un investissement dans les renouvelables, l’attelage peut surprendre. Reste que chacun peut y trouver son compte. Avec d’un côté une valeur performante et positionnée sur les questions de transition énergétique, et de l’autre un actionnaire aux poches profondes pas forcément porté sur l’activisme.■


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