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L'ACTU

Les investisseurs responsables appelés à se mobiliser contre les discriminations raciales

Par  Anne-Catherine HUSSON TRAORE|Publié le 08/06/2020

L’onde de choc provoquée par la mort de George Floyd aux États-Unis a gagné la sphère de l’investissement responsable et déclenché un plaidoyer pour intégrer le racisme aux critères ESG. Les PRI appellent les investisseurs à agir pour un monde plus juste. Aux États-Unis, le mouvement a déjà commencé du côté des investisseurs, Bank of America ou Calvert, comme des activistes qui appellent au désinvestissement en faisant le lien entre la lutte contre les inégalités et leurs combats environnementaux.

"Il est temps de nous lever et de travailler ensemble pour façonner un avenir qui soit juste, égal, inclusif et profondément ancré dans les droits humains et civils fondamentaux", plaide Fiona Reynolds, la directrice exécutive des Principes pour l’Investissement Responsable (PRI), sur le site de l’organisation. Elle ajoute : "Il ne sera ni simple ni direct de s'attaquer pleinement au racisme et aux inégalités systémiques, mais nous ne pouvons plus fuir le défi. Cela nécessitera une approche unifiée, rassemblant les voix et les ressources de l'ensemble de la société - y compris les individus, les groupes communautaires, les décideurs, les entreprises et les investisseurs".

Cette déclaration forte marque le retour du respect des droits humains au premier plan des préoccupations des investisseurs responsables quasi exclusivement mobilisés, depuis 2015, sur la lutte contre le changement climatique. Le cadre existe puisque les Principes d’intégration des droits humains par les entreprises ont été définis par les Nations unies en 2011. Ils promeuvent trois mots d’ordre dans ce domaine : protéger, respecter et réparer ! 

Bank of America a d’ores et déjà répondu à l’appel en annonçant vouloir investir un milliard de dollars sur quatre ans pour aider les "communautés locales à lutter contre les inégalités économiques et raciales accélérées par la pandémie mondiale", à travers des programmes axés sur l'aide aux personnes et aux communautés de couleur très touchées par la crise sanitaire. En même temps, une association, la National Fair Housing Alliance (NFHA), poursuit en justice plusieurs banques dont Bank of America pour discrimination raciale dans le logement. Elles sont accusées de ne pas entretenir les immeubles qu’elles possèdent dans les quartiers pauvres noirs et latinos et de faire perdre ainsi de la valeur à ces quartiers. 

"Le racisme est un enjeu ESG"

"Il est temps que les investisseurs reconnaissent que le racisme systémique est un enjeu ESG", écrit de son côté John Streur qui dirige Calvert, société de gestion américaine pionnière de l’investissement éthique. Il précise qu’il est possible d’agir en ciblant les entreprises : "Nous devons progresser dans la lutte contre les discriminations en évaluant les entreprises sur la façon dont elles travaillent sur le sujet et les inciter fortement à améliorer les choses. Nous devons leur demander quels résultats elles obtiennent dans ce domaine et pas seulement les valeurs auxquelles elles adhèrent."

Les activistes estiment que les crises environnementales et sociales sont liées et que, pour construire un monde plus durable, il faut non seulement protéger le climat mais aussi respecter les droits humains et "pousser tous ensemble" dans la bonne direction. 


Pour cela ils établissent des liens entre les énergies fossiles, farouchement défendues par l’administration Trump, et le fait que les populations pauvres, majoritairement blacks et latinos aux États-Unis, sont à la fois les premières victimes des pollutions et des discriminations. Un exemple parmi d’autres, la coalition "Arrêter les flux financiers" qui rassemble une centaine d’organisations, vient de lancer une nouvelle campagne "Exclure le racisme, financer la justice". 

Celle-ci attaque Trump, accusé "d’avoir utilisé la pandémie pour donner toute liberté à l’industrie pétrolière de polluer et d’empoisonner les communautés blacks et latinos donnant un autre sens à la phrase de George Floyd, ‘Je ne peux plus respirer’". Scandée par tous les manifestants du mouvement Black Lives Matter, cette phrase pourrait devenir l’hymne d’un mouvement de convergence des luttes environnementales et sociales qui prend chaque jour de l’ampleur, aux États-Unis et dans le reste du monde.  


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