Le réchauffement climatique est encore peu pris en compte par les investisseurs européens, selon Mercer., @Pixabay

L'ACTU

Les risques ESG entrent dans le radar de plus de la moitié des investisseurs européens

Par   Arnaud DUMAS |Publié le 12/07/2019

Près de 55 % des investisseurs européens déclarent prendre en considération les risques ESG, contre 40 % l’année dernière, selon l’étude annuelle de Mercer. Ils ont toutefois encore des progrès à faire pour intégrer ces facteurs dans leur processus de décision. Le risque climatique, en revanche, demeure le grand oublié.

La croissance est frappante. Selon l’étude annuelle de Mercer sur les allocations d’actifs en Europe (European Asset Allocation Survey 2019), 55 % des investisseurs institutionnels européens déclarent désormais prendre en compte les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leurs stratégies d’investissement. Ils n’étaient que 40 % l’année précédente. "Nous nous attendons à ce que cette tendance se poursuive", déclarent les auteurs de l’étude.

La réglementation demeure le principal facteur incitatif pour intégrer l’ESG dans la gestion des portefeuilles, pour plus de la moitié des investisseurs. Mais l’étude de Mercer constate que de nouveaux éléments montent en puissance. Cette année, 29 % des répondants à l’étude estiment que la matérialité financière des risques les pousse à prendre les risques ESG en considération, contre 25 % en 2018. 

Ils sont également 29 % à surveiller les critères ESG par crainte pour leur réputation, contre 18 % l’année précédente.

Passer de la parole aux actes

Des progrès restent toutefois encore à faire pour passer de la parole aux actes. Si 68 % des investisseurs mentionnent des facteurs ESG dans leur politique d’investissement, ils ne sont plus que 19 % à avoir formalisé des standards d’investissement responsable à suivre et seuls 2 % d’entre eux se sont dotés d’un comité dédié à la question.

Sur le risque climatique, le constat est plus alarmant. Seuls 14 % des 876 investisseurs institutionnels des 12 pays européens interrogés disent prendre en compte le réchauffement climatique dans l’analyse de leurs portefeuilles, alors qu’ils étaient 18 % en 2018. Une étude précédente de Mercer ("Investing in a time of climate change") estimait pourtant que le scénario à 2 degrés présentait de meilleures chances de retour sur investissement pour les investisseurs de long terme (entre 0,10 et 0,30 % par an en 2030), comparé à un scénario à 4 degrés (-0,07 % par an). 

Les investisseurs institutionnels, s’ils sont de plus en plus nombreux à s’intéresser aux critères ESG, peinent encore à changer leurs habitudes. Seuls 8 % d’entre eux déclarent ainsi investir dans des actifs bas carbone ou dans des solutions à impact. Parmi ceux-là, seuls 3 % y dédient plus de 10 % de leurs investissements.