Près des deux tiers des investisseurs qui recherchent un impact positif en termes environnementaux et sociaux en plus du retour financier, utilisent les ODD comme référentiel de leur action., @Pixabay

L'ACTU

L’investissement à impact continue de progresser

Par   Arnaud DUMAS |Publié le 19/07/2019

Les gérants d’actifs prévoient d’augmenter les sommes allouées à l’investissement à impact de 13 % en 2019. Selon l’étude annuelle du Global Impact Investing Network (GIIN), les investisseurs parviennent en grande majorité à remplir leur double mission, à savoir obtenir un retour financier et mesurer des impacts positifs en termes sociaux et environnementaux.

La finance à impact gagne du terrain. Selon la récente étude du Global Impact Investing Network (GIIN), les investisseurs continuent d’augmenter leurs allocations d’actifs dans ce segment bien particulier de la finance durable que le GIIN définit comme "la poursuite délibérée d’un impact positif et mesurable, social ou environnemental, en plus du rendement financier". Les 266 répondants internationaux à l’enquête, représentant 239 milliards de dollars d’actifs sous gestion, prévoient d’investir 39 milliards de dollars en 2019, dans 15 000 opérations, en progrès de 13 % par rapport à leurs investissements de 2018. Plus de 60 % d’entre eux envisagent d’augmenter leurs investissements de plus de 5 % en 2019 par rapport à l’année précédente.

Le marché est encore petit, il représentait 502 milliards de dollars en 2018 selon une étude précédente du GIIN. Loin des milliers de milliards de dollars nécessaires pour assurer la transition écologique. Mais il tend de plus en plus vers la maturité dans ses pratiques. La quasi-totalité des fonds à impact estiment que la recherche disponible progresse (pour 92 % d’entre eux), et 89 % des répondants remarquent une plus grande sophistication des mesures d’impact. De nouveaux fonds à impact se créent régulièrement, comme celui lancé début juin 2019 par la Fondation de France avec Raise.

Une grande majorité atteint ses objectifs

Ces stratégies d’impacts semblent porter leurs fruits tant sur le plan social et environnemental, que sur le plan financier. En 2018, 77 % des gérants déclarent avoir atteint leurs objectifs de retour financier et 14 % à les avoir dépassés. Ils sont 82 % à être en ligne avec leurs attentes d’impact positif et 16 % à avoir fait mieux que prévu.

Pour évaluer leur impact positif sur la société, 62 % des investisseurs se basent sur le référentiel des Objectifs de développement durables (ODD) des Nations-Unies. Les ODD poursuivant des ambitions à caractère social sont les plus fréquemment employés par les investisseurs. Selon l’étude, 73 % d’entre eux ciblent le huitième ODD, relatif au travail décent et au développement économique, 61 % citent le premier ODD (élimination de la pauvreté), 59 % la réduction des inégalités (ODD 10) et 58 % la santé et le bien-être (ODD 3).

L’environnement figure pourtant en bonne place dans les intentions initiales de ces gérants d’actifs. Ils sont plus de la moitié à poursuivre des impacts à la fois sociaux et environnementaux, 36 % ciblent des impacts uniquement sociaux et 7 % des impacts uniquement environnementaux. En termes de secteur d’intervention, l’énergie attire 15 % des investissements, suivi de la microfinance (13 %), des services financiers (11 %) et de l’alimentation et l’agriculture (10 %).