Le Fonds vert pour le climat a permis le financement de 18,7 milliards de dollars de projets dans les pays émergents., @CCO

L'ACTU

Objectif atteint : le Fonds vert pour le climat boucle une recapitalisation à 10 milliards de dollars

Par   Arnaud DUMAS |Publié le 24/10/2019

La Conférence de recapitalisation du Fonds vert s'est bien terminée pour ses dirigeants. Ils ont réussi à lever les 9,8 milliards de dollars qu'ils avaient prévu, malgré la défection des États-Unis et de l'Australie.

[Mise à jour du 28 octobre 2019] "Près de 10 milliards de dollars, c’est un grand succès à la hauteur des ambitions qui avaient été fixées par le Président de la République", s'est félicité Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie lors de la Conférence pour la reconstitution du Fonds vert pour le climat, le 15 octobre. C'était le défi posé à cette institution basée en Corée, lancée lors de la COP 21 pour être l’outil de financement de la transition des pays du Sud par les pays du Nord. La recapitalisation, qui plafonnait à 7,5 milliards de dollars de promesses de dons la veille de sa conférence, a été portée à 9,8 milliards de dollars vendredi. Pari réussi pour Yannick Glemarec, directeur exécutif de l’organisme multilatéral, qui déclarait à Paris, la veille de la conférence : "si on atteint entre 9 et 10 milliards de dollars, on pourra dire que c’est un succès". Cette somme doit permettre de financer en dons et en prêts les projets d’atténuation et d’adaptation au réchauffement climatique des pays en développement, pour la période 2020-2023. 

D'autant que le fonds a dû cette fois composer avec un écueil majeur : la volonté de Donald Trump de sortir de l’Accord de Paris. Les États-Unis s’étaient engagés à verser 3 milliards de dollars, pour le premier fonds. L’arrivée de Donald Trump au pouvoir a coupé court aux ambitions américaines. Les États-Unis n’ont finalement versé que 1 milliard sur les 3 milliards prévus et, surtout, ont opposé un refus catégorique à toute contribution au renouvellement du fonds. Un gros trou dans le financement de la transition des pays en voie de développement. L’Australie a également déclaré ne pas vouloir mettre au pot.

Une absence à compléter

C’est donc aux autres pays de compléter. Les dirigeants de l’institution se raccrochent à quelques signaux positifs, montrant l’intention des États à se mobiliser. Première bonne nouvelle : seize pays donateurs ont fait connaître plusieurs semaines avant la Conférence de reconstitution du fonds vert leurs promesses de dons, lors du G7 à Biarritz, fin août, et du sommet climat de l’ONU, fin septembre. Le nombre de pays donateurs a été porté à 27 à l'issue de la conférence de recapitalisation.

La deuxième bonne nouvelle réjouit encore plus Yannick Glemarec. Treize pays ont annoncé doubler leur contribution par rapport au premier fonds, et 75 % l'ont augmentée significativement. Parmi les plus généreux ayant doublé leur engagement, se trouvent l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, le Danemark ou encore la Suède. Le Japon a porté sa part à 1,5 milliard de dollars, au même niveau que la France. La Slovénie et la Slovaquie ont contribué pour la première fois.

Les besoins augmentent

Les besoins de financement des pays du Sud ont tendance à augmenter. Pour le réseau Climate Action Network, les États devraient tous doubler leurs engagements financiers s’ils voulaient vraiment être à la hauteur. "C’est une question de survie pour les populations les plus fragiles. Le monde à +1,5 degré est presque là, on voit déjà des impacts forts partout dans le monde et les besoins de financement vont continuer d’augmenter dans les prochaines décennies", déclare Lucile Dufour, du Réseau action climat France.

Le Fonds vert pour le climat a par ailleurs besoin des fonds rapidement. La précédente poche d’investissement est, près de cinq ans après, presque totalement engagée dans 111 projets situés dans 99 pays en voie de développement. "Il nous reste encore un peu de fonds et des pays se sont engagés à apporter leurs dons rapidement, donc nous devrions pouvoir continuer d’agir sans interruption", confie Yannick Glemarec.

La nouvelle enveloppe du fonds devrait être utilisée dans 20 % de projets d’adaptation aux conséquences de la crise climatique, le reste pour des projets d’atténuation. Le précédent fonds, qui a permis de financer des projets d’une valeur de près de 19 milliards de dollars, en ajoutant l’effet de levier auprès des financeurs privés, dont 24 % pour l’adaptation, 42 % pour l’atténuation et 34 % pour des projets hybrides.