Rétrospective 2021 : gloire et déboires des SPAC aux États-Unis

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L'ACTU

Rétrospective 2021 : gloire et déboires des SPAC aux États-Unis

Par  Novethic, Paul KIELWASSER|Publié le 20/12/2021

Star des marchés américains au début de l’année, les SPAC ont connu depuis une disgrâce rapide, plombées par les scandales et le scepticisme des régulateurs. Retour sur ce phénomène spéculatif qui a captivé une partie des investisseurs de la clean tech.

La mode des SPAC enflamme les marchés depuis quelques années. Ces Special Purpose Acquisition Companies sont des véhicules d’investissement cotés, dont l’objet consiste à lever des fonds pour effectuer une fusion-acquisition avec une entreprise non-cotée. Avec, à la clé, un chemin vers l’introduction en Bourse très simplifié. Très prisé des start-ups, ce modèle a aussi suscité l’enthousiasme d’investisseurs curieux de s’impliquer dans le capital-risque sans en assumer les contraintes.

Mais les risques de bulle ont amené la SEC (Securities and Exchange Commission), le régulateur des marchés américains, à inviter les investisseurs à la méfiance. Ceux-ci ont été confrontés au manque de transparence de certaines transactions impliquant des SPAC, qui a commencé à alimenter des scandales. 

Quelques données marquantes pour raconter l’ascension météorique puis la déliquescence rapide de cet épiphénomène des marchés : 

180 milliards de dollars 

C’est le montant levé, selon Refinitiv, par les SPAC américains entre janvier et juillet 2021. A l’été, Goldman Sachs estimait que plus de 400 SPAC, armées d’environ 120 milliards de dollars, cherchaient à faire une acquisition. Cette frénésie a contribué à faire du 1er trimestre 2021 le plus prolifique en matière de fusions-acquisitions depuis les années 80. 

52,5 %

Le pourcentage d’actionnaires de SPAC ayant décidé de retirer leurs mises lors du troisième trimestre 2021, selon le fournisseur de données Dealogic. Cet exode a parfois des conséquences significatives sur les transactions prévues. La SPAC devant fusionner avec le site d’information Buzzfeed a ainsi perdu 94 % du capital levé. 

40%

Le pourcentage d’investisseurs individuels parmi les actionnaires des SPAC, selon un rapport de Bank of America datant de février 2021. Cette proportion importante, alimentée par le boom du trading "maison" à la faveur de la pandémie, a posé des problèmes inédits de procédure : certaines transactions se sont trouvées bloquées car un nombre insuffisant d’actionnaires avaient participé au vote. 

-10 %

La chute du cours de la SPAC ayant fusionné avec Lucid Motors, suite à l’annonce de l’ouverture d’une enquête de la SEC sur la nature des informations présentées aux investisseurs dans le cadre de la transaction. Contrairement aux introductions en Bourse classiques, les entreprises peuvent en effet mettre en avant des projections assez optimistes de leurs futurs revenus. Une nouvelle controverse affectant un constructeur de véhicules électriques, après Nikola et Lordstown. 

2 controverses

Certaines SPAC ont suscité une controverse au-delà de leurs fondamentaux financiers. Après son introduction en bourse ratée en 2019 et le départ de son PDG, WeWork a fusionné avec une SPAC en octobre, une transaction valorisant l’entreprise à 9 milliards de dollars, soit cinq fois moins que la projection initiale. Au même moment, le Trump Media and Technology Group trouvait aussi chaussure à son pied, avec la SPAC Digital World Acquisition Corp (DWAC). Celle-ci avait levé 300 millions de dollars en Bourse en promettant aux investisseurs d’investir dans une société numérique. Quand ils ont appris qui était la cible, certains investisseurs de la SPAC ont été saisis d’un grand désarroi à l’idée de voir leur image associée à Donald Trump. Ils se sont empressés de vendre leurs parts dans cet attelage politiquement sulfureux. ■


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