Le sommet Finance en Commun se déroule en mode virtuel.,

L'ACTU

Suivez en direct le sommet Finance en Commun

Par  Ludovic DUPIN et Arnaud DUMAS|Publié le 12/11/2020

Toute la journée, la rédaction de l'Essentiel de la Finance Durable vous fait vivre le sommet Finance en Commun. Ce sommet réunit pour la première fois des représentants de toutes les banques publiques du monde, qui ont pour ambition de mieux travailler ensemble. Faits marquants, invités de marque, événements importants, tout sera dans l'Essentiel.

Fin du live !

C'est la fin du suivi en direct du Sommet Finance en Commun pour l'Essentiel de la Finance Durable.

Ce sommet aura été marqué par un engagement commun des banques publiques de développement dans le monde, à mieux travailler ensemble pour atteindre les ODD. 

Il aura aussi donné l'occasion de mieux connaître ces entités, leurs actions, leurs impacts, notamment au travers d'une nouvelle base de données compilant toutes les données relatives à ces banques.

Les organisateurs, parmi lesquels se trouve l'International Finance Development Club présidé par Rémy Rioux, le directeur général de l'Agence française de développement, ont déjà annoncé qu'un deuxième sommet Finance en Commun se tiendra l'année prochaine. Espérons qu'il puisse se tenir "in real life" et non pas de manière virtuelle !

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Antonio Guterres délivre sa feuille de route pour les banques publiques d’investissement

Faire une déclaration d’intention, c’est bien, passer à l’acte c’est mieux !

En conclusion du sommet, le secrétaire général de l’ONU a donné cinq objectifs aux banques publiques et aux autorités financières mondiales, sur lesquels elles devront prendre des engagements précis. Antonio Guterres leur donne rendez-vous dès le Climate Ambition Summit du 12 décembre, qui marquera l’anniversaire de l’Accord de Paris, et lors de la COP 26 l’année prochaine. 



Voici les cinq objectifs qu’il leur fixe :

 1 - Neutralité carbone : le secrétaire général demande que les banques s’alignent sur la neutralité carbone en 2050 et sur l’atteinte des ODD en 2030.

 2 - Recapitaliser les banques publiques : la pandémie oblige à financer en urgence l’économie. Antonio Guterres appelle les gouvernements à recapitaliser leurs banques publiques quand c’est nécessaire, leur rôle étant crucial pour relancer les économies.

 3 - Financer la résilience : Les banques publiques et les institutions financières en général concentrent leurs financements sur la réduction des émissions, mais pas assez sur la résilience de nos sociétés. Le secrétaire général de l’ONU les enjoint à "investir massivement dans la santé, la sécurité alimentaire, la pauvreté, et plus généralement à promouvoir les droits humains".

 4 – Des outil communs : les pays doivent développer ensemble des outils de finance durable. L’un des moyens consiste, pour les autorités de réglementation, à incorporer le risque climat dans leurs grilles d’analyse.

 5 – Transparence des données : les banques publiques de développement doivent investir massivement dans les données, afin de prendre de meilleures décisions de financement et d’investissement.



Les 450 banques publiques de développement s’engagent à faire front commun

Il fallait garder une trace de ce premier rassemblement (même virtuel) des 453 banques publiques de développement du monde entier ! Elles ont décidé de signer une déclaration commune pour s’engager à travailler ensemble, de manière concertée, pour atteindre les ODD.

"Je suis très fier de cette déclaration", déclare Rémy Rioux, le directeur de l’AFD et président de l’IFDC. "C’est un soutien renouvelé au multilatéralisme !

Il résume les points fort de cette déclaration :

📌Climat : "Toute la communauté des banques publiques de développement s’alignent sur l’Accord de Paris. Nous allons mettre en place des politiques de sortie du charbon que nous présenterons à la COP 26."

📌Biodiversité : "Nous nous engageons à protéger la nature et à mettre en place des actions pour promouvoir la biodiversité."

📌Social : "Nous nous prononçons pour la couverture santé universelle."

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Pour Bandar Hajjar, président de la Banque de développement Islamique, cette déclaration doit permettre de favoriser le financement du développement économique des pays à bas revenu. "Le développement et la stabilité vont dans la main, il ne peut pas y avoir une minorité qui gagne et une majorité qui perd, rappelle-t-il. Cette initiative arrive donc au bon moment pour se battre pour le niveau de vie des plus pauvres."

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Werner Hoyer, le président de la BEI, conclut sur le climat : "Nous entrons dans une décennie critique. Il n’est pas trop tard, mais nous devons avoir des actions audacieuses, maintenant. (…) Un leadership courageux et des décisions difficiles sont nécessaires, mais nous le devons aux prochaines générations".


Il faut structurer le marché financier africain

« Nous avons lancé des obligations sociales en Afrique pour une reprise post-Covid plus audacieuse, résiliente et solide. Mais il nous faut aussi remédier au déficit de financements africains qui s’élève entre 68 à 100 milliards de dollars par an. Il faut des partenariats publics-privés. Il faut structurer le marché financier africain. Il appartient à tous les acteurs de s’allier pour réunir les financements.

Ayons la finance en commun, en coalition, en complémentarité ! » 

- Akinwumi A. Adesina, Président de l'African Develpment Bank Group (AfDB)

Que les banques multilatérales du monde entier s'emparent de la taxonomie européenne ! 

L'Europe a mis en ligne sa taxonomie des investissements durable. Un travail colossal, discuté, considérable. Et selon Valdis Dombrovskis, VP de la Commission européenne, cette "taxo" n'est pas réservée aux Européens : 

 L’outil de la taxonomie verte est majeure. Les banques publiques d’investissement devraient utiliser cet outil quand elles émettent des financements. Cela est nécessaire pour bâtir des économies plus numériques et plus durables  

En finir avec le financement des fossiles

"Il est important que les banques publiques cessent progressivement le financement des énergies fossiles, même s’il faut prendre en compte les spécificités de chaque pays. Mais le secteur public ne peut pas tout porter. Le secteur privé doit apporter sa part".

- Valdis Dombrovshis, Vice-Président de la Commission européenne

Les points forts de l’intervention d’Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE

 La pandémie a déclenché la crise globale économique et sociale la plus forte dans l’Histoire. Les pays en développement sont les plus durement touchés. Dans les pays développés, nous en avons compté 90 sur 122 pays développés qui sont en récession économique.

Nous estimons que les financements devraient augmenter de 1700 milliards de dollars en 2020 pour répondre à cette pandémie. Pour cela, il faut faire levier sur les financements publics et privés. 

Les enveloppes débloquées par les pays de l’OCDE devraient permettre de s’attaquer aux problèmes les plus immédiats. Mais des efforts similaires devraient être mis en place pour s’attaquer à des problèmes à plus long terme. L’année prochaine, au prochain sommet de la Paix, l’OCDE proposera un guide du financement de la santé pour aider les gouvernements à concentrer leurs efforts d’investissement, en identifiant des goulots d’étranglement clés dans leurs systèmes de financement. 

16:53


Mobiliser les capitaux privés

 "Les banques centrales ont appuyé l'économie mondiale. Mais la reprise sera ardue et raide. Il faudra des investissements massifs. Leur qualité déterminera notre avenir. Et (les banques publiques) devront rendre des comptes aux contribuables. 

Vous (les banques publiques) pouvez mettre à bas les barrières de l’investissement privé. Les investissements publiques peuvent dégager 10 fois plus de capitaux privés, mais il faut se concentrer sur des sujets essentiels : les infrastructures numériques, l'énergie propre et le développement des compétences de demain". 

- Kristalina Georgieva, Directrice du Fonds Monétaire International (FMI)

Une banque publique d'Argentine au service des ODD

Alors que l'Argentine fait face à une épidémie du Covid-19 terrible en même temps qu'une crise de la dette souveraine, le Président Alberto Fernandez assure que "les banques de développement sont appelées à jouer un rôle clé dans la reconstruction d’un système production plus inclusif et durable". Dans le cas de son pays, il annonce que d'ici 2024, "la banque publique va investir 500 millions de dollars américains pour avoir un impact positifs sur au moins 11 ODD comme l'adaptation au changement climatique, l'égalité  homme-femme, la qualité de l’eau…". 

Plus philosophe, il ajoute : "On se demande à quoi ressemblera la nouvelle normalité. Aujourd'hui, trop de personnes n’ont pas assez, trop peu de personnes ont trop".

Les points forts de l'intervention de Macky Sall, président de la République du Sénégal

 Alors que tous les pays continuent de subir les effets néfastes de la pandémie, ce sommet des banques de développement est important. À travers le monde, plus de 450 banques de développement investissent plus de 2300 milliards de dollars par an. L’effort est considérable.

Mais pour une meilleure efficacité de leur action, les banques publiques de développement devraient améliorer leurs mécanismes par une simplification de leurs procédures. Elles devraient améliorer la gestion des risques pour qu’elle soit plus juste en Afrique, afin de réduire les assurances de financement. Elles devraient accroître les financements concessionnels en faveur des États, des PME, etc.  

L'avenir de la BEI au service du climat

"Avec les partenaires européens, nous allons transformer la banque européenne d'investissements (BEI) une vraie banque européenne du climat !"

- Emmanuel Macron

Les points forts de l'intervention d'Emmanuel Macron

"Nous avons compris qu’il faut changer en profondeur et reconstruire. Avec les autres chefs d’État, l'ONU, le FMI, nous avons  discuté des principes d’une coopération internationale renforcée pour que les liens sociaux et l'environnement soient protégés et reconstruits.
Aussi, nous avons tenu à participer au sommet Finance en Commun en mobilisant nos banques publiques (...) Un consensus existe sur l’urgence de combattre le changement climatique et la nécessité de construire un monde plus juste.

Mais il n'y aura pas de trajectoire de développement sans prise en compte du climat. Il n'y aura pas de combat pour le climat sans lutte contre les inégalités. (...)

"Make our planet great again" est une possibilité dans la réalité. Il ne s’agit pas trouver un accord international, nous l'avons déjà fait il y a cinq ans. Mais de passer à l’acte, de passer à l’échelle et d’entraîner tous les acteurs de bonne volonté. (...)

L'enjeu (du sommet Finance en Commun, ndr) est de créer une  nouvelle structure financière publique globale dont nous avons tellement besoin pour relancer l’investissement contracyclique pendant les crises et mobiliser la finance privée et l’épargne, afin de l’orienter vers les opportunités d’investissements les plus prometteurs. "

De nouvelles coalitions sont annoncées

🔊 Agnès Soucat, de l’OMS, lance la coalition Decide, une initiative hébergée par l’OMS, en partenariat avec la fondation Bill et Melinda Gates. Elle vise à aider à prendre des décisions d’investissement dans des infrastructures sociales ayant l’impact le plus fort possible. Decide veut travailler sur les données collectées pour améliorer le processus de prise de décision. Un site internet a été mis en place ici.


🔊 De son côté, Rosa Maria Sanchez-Yebra Alonso, de la banque de développement du Conseil européen, annonce le lancement d’un groupe de travail dont l’objet vise à mieux comprendre l’impact de l’action des Banques publiques de développement. Plusieurs banques publiques soutiennent l’opération, ainsi que l’International Labor Organisation, mais la banque du Conseil européen fait appel à toutes les contributions.


Un sous-investissement chronique

Il ressort de cette table-ronde sur l'investissement social, le manque cruel d’investissement dans les infrastructures sociales, un peu partout dans le monde. "Nous devons augmenter l’investissement dans les infrastructures sociales pour assurer le développement économique et l’inclusion sociale", rappelle David Miller, du C40, l’association de 97 grandes villes dans le monde. 

Agnès Soucat, directrice des systèmes de santé, de la gouvernance et du financement à l’Organisation mondiale de la santé, estime à 100 milliards de dollars supplémentaires par an les investissements nécessaires dans les infrastructures sociales. Et cet investissement doit être le plus granulaire possible, pour n’oublier personne. "Il faut que les départements de santé publique travaillent ensemble de meilleure façon pour éviter d’autres pandémies, explique-t-elle. Et il faut s’assurer que ces investissements ne se concentrent pas qu’au niveau national, mais aussi au niveau local." 

Rosa Maria Sanchez-Yebra Alonso, de la banque de développement du Conseil européen, remarque justement que "nos portefeuilles s’orientent de plus en plus vers une approche plus locale".

Laurent Zylberberg, le président de l'ELTI, qui réunit notamment les banques publiques européennes, le confirme : "l'approche bottom-up amène de meilleurs résultats. Les acteurs locaux doivent être intégrés dès le début du processus de financement."


Entretien vidéo avec Rémy Rioux

5 minutes avec le Directeur général de l'AFD qui explique les enjeux du sommet Finance en commun

 


Odoo • Image et Texte

La pandémie, stress-test de la société

 Pour Lamia Kamal-Chaoui, de l'OCDE, la pandémie a mis en lumière (et accentué) des problèmes sociaux pré-existants.

 Il faut d’abord reconnaître que cette pandémie a rendu intolérable les défauts de nos sociétés : accès au logement, à l’éducation, pauvreté, etc. C’est le résultat de la faiblesse des investissement sociaux jusqu’à maintenant. Ces investissements étaient déjà nécessaires avant ! Le stress du Coronavirus révèle les failles de notre système. 

Reprise des débats !

La pause-déj est terminée, les débats reprennent dans la salle de conférence virtuelle de Finance en Commun.

L’Essentiel de la Finance Durable suit pour vous l’événement de haut niveau sur "L’investissement social pour les peuples, la planète et la prospérité". Pendant cette table ronde, les intervenants discuteront notamment du financement des infrastructures sociales, cruciales pour répondre à la pandémie de Covid-19.


Les intervenants sont nombreux :

📌Rosa Maria Sanchez-Yebra Alono, vice-gouverneure de la Banque de développement du Conseil européen

📌Lamia Kamal-Chaoui, directeur du centre pour l’entrepreneuriat, les PME, les régions et les villes de l’OCDE

📌Agnès Soucat, directrice des systèmes de santé, de la gouvernance et du financement à l’Organisation mondiale de la santé

📌David Miller, directeur de la diplomatie internationale du C40 Cities, ancien maire de Toronto

📌Guy Rider, directeur général de l’Organisation internationale du travail

📌Matt Reed, directeur exécutif de la fondation Aga Khan

📌Laurent Zylberberg, président de l’Association des investisseurs européens de long terme (ELTI)

📌 Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur générla de l’Organisation mondiale de la santé



Pause déjeuner

Petite pause pour Finance en commun. 

Rendez-vous à 15h00 pour la reprise des tables-rondes avec notamment la question de l'investissement social
Et à 16h00, ce sera la signature de la lettre commune des banques publiques après l'intervention des Chefs d'État, dont celle d'Emmanuel Macron
Puis Antonio Guterres, Secrétaire général de l'Onu conclura notre journée. 
Bon appétit :-)


Un alignement sur les ODD pour l'equity

Odile Renaud-Basso, Présidente de la Banque Européenne pour la reconstruction est de le développement, assure que "l’impact ODD de nos investissements en capital est prioritaire. Que la transition soit verte, inclusive et résiliente est clé. C’est notre approche mais elle est largement partagée". 

La qualité de l'argent

 "Les banques publiques sont toujours intervenues en temps de crise. La réponse habituelle est de donner accès aux liquidité et à la dette pour les entreprises. Nous travaillons avec le gouvernement (italien, ndr) pour apporter une autre réponse : celle du capital-risque (...) Il ne s'agit pas que de sortir de l’argent, mais aussi de convaincre les entreprises d'acquérir les technologies et compétences nouvelles qui permettront d'être compétitives dans un monde post-Covid".

"Ce n’est pas que la quantité de monnaie investis qui est importante, c’est aussi la qualité de l’argent investi pour servir la compétitivité à long terme".

- Giovanni Gorno Tempini, Président de la Caisse des Dépôts italienne

Le rôle du capital public pour financer la relance post covid-19 et l'investissement responsable

 "Les investisseurs recherchent des rendements bien trop élevés à 8 ou 10 %. Ce qui est impossible à une époque de taux nuls ou négatifs".

Tel est le message lancé par Eric Lombard, DG de la Caisse des Dépôts lors d'une table ronde sur "le rôle clé de l'equity public". 

"On a besoin que les banques public investissent avec des demandes de rendements bien plus faible que les investisseurs privés" sinon, "nous continuerons à avoir un cruel manque d'investissement dans l'économie inclusive", ajoute-t-il. 

Des propos proches de ceux qu'Eric Lombard avait déjà tenus dans une Interview à l'Essentiel de la finance durable en amont du Climate Finance Day fin octobre. 

Il n'y a pas que l'énergie qui compte !

 Les personnes qui dirigent les banques publiques doivent réfléchir à la transformation du secteur agricole de la même manière qu’ils réfléchissent à celui de l’énergie. Beaucoup de gens ne pensent pas à cela, et très peu de financiers vont dans ce sens. 

Rajiv Shah, président de la Fondation Rockefeller


Devenir une banque du climat : Soyons clair, ce n’est pas une question politique, mais de bonne gestion ! Si les énergies renouvelables se développent aussi fortement et que nous ne les avions pas financées pas, nous aurions loupé un train ! 

Werner Hoyer, président de la Banque européenne d'investissement


Opérer de manière systémique contre une crise systémique

Gayle Smith, de l'ONG One Campaign, met les points sur les i. 

Dialoguer, c'est super, les consultations c'est merveilleux. Mais la coordination stratégique est plus utile. Il faut plus qu'un dialogue entre les banques publiques de développement, il faut de la coordination stratégique. C'est une crise systémique, mais on n'opère pas de manière systémique !

Gayle Smith donne un exemple frappant de la nécessité vitale d'opérer en commun :

Par exemple dans le cadre des vaccins contre le Covid-19, si nous travaillons tous ensemble, nous viendrons à bout de la pandémie. Dans le cas contraire, elle continuera. C’est la même chose pour les banques publiques.


La collaboration, facteur clé pour démultiplier l’impact du financement

Tour à tour les participants exhortent les banques publiques et les acteurs de la société civile à travailler ensemble pour que les capitaux servent à une réelle relance verte. "Avons-nous débloqué le maximum du capital de ces institutions ? La philanthropie peut aider à cela, en prenant des risques, en investissant dans de nouvelles technologies, etc.", estime Rajiv Shad, de la fondation Rockefeller.

Pour Rajiv Shah, la pandémie a rebattu les cartes. Il espère que les plans de relance garderont tous un cap vert, comme l’a fait celui de la Commission européenne, qui dédie 30 % du plan aux projets verts. 

Werner Hoyer, le président de la BEI, rappelle que ces institutions publiques ne peuvent pas se comporter comme des banques commerciales. "Nous savons que pour atteindre les ODD nous ne pouvons nous faire concurrence que sur nos ambitions, pas sur le terrain", dit-il.

Encore faut-il s’accorder sur le fond du sujet. "Le problème, c’est d’arriver à l’échelle pour les financements, déclare Gayle Smith, de l’ONG One Campaign. Et pour cela nous avons besoin de transparence et d’indicateurs communs pour savoir où vont les financements."

Rassembler toutes les parties prenantes

Une nouvelle table ronde débute sur le thème "Financer en commun : toutes les parties prenantes doivent joindre leurs forces avec les banques publiques de développement". Les participants sont :

📌Werner Hoyer, président de la Banque européenne d’investissement (BEI)

📌Timothy Adams, PDG de l’Institut international de Finance (IIF)

📌 Gayle Smith, PDG de One Campaign

📌 Rajiv Shah, président de de la fondation Rockefeller



Covid-19, Covid-19, Covid-19... et ODD

Ce n'était pas le sujet prévu pour le grand sommet "Finance en commun", mais de fait le Covid-19 s'insinue dans toutes les tables-rondes.

Pour Koen Doens, directeur général pour le développement international à la Commission Européenne, le Covid 19 est "une manifestation du changement du monde où nous vivons. C’est aussi une alerte sur le besoin de durabilité pour les générations futures". Javier Manzanares, du Green Climate Fund, explique que, au même rang que la lutte contre le changement climatique ou l'adaptation, l'aide auprès des communautés pour "sortir du Covid-19" est devenue une priorité. 

Toutes ces incises sur le Covid-19, présentes dans toutes les tables rondes, montrent à quel point les banques publiques passent d'une "finance climat" à une "finance ODD", où le monde est pris de manière plus systémique, mêlant environnement, santé, éducation, énergie...

Le nouveau rôle des Banques publiques depuis l'Accord de Paris

La Secrétaire d'État allemande dédiée à la coopération économique et au développement, Maria Flachsbarth,  juge que : "Depuis plusieurs années, les banques publiques ont du endosser leur rôle dans le combat climatique et aligner leurs financement sur l'Accord de Paris. C'est d'autant plus important dans le cadre du Covid-19 qui impose que la relance soit verte et durable". 

Saviez-vous que l'AFD a endossé ce rôle depuis longtemps. Bien avant 2015. En 1992,Caisse Française de Développement (CFD), ancien nom de l'agence française, s'emparait de l'élan du sommet de la terre à Rio pour faire du développement durable sa priorité

Ne pas financer seuls le développement

"Nous ne pouvons pas financer des projets qui ne seraient pas financés par le secteur privé, ca n’aurait pas de sens", explique Ambroise Fayolle, Vice-Président de la Banque européenne d'investissement (BEI). Javier Manzanares, directeur du Green Climate Fund (GCF), appuie en expliquant que les banques publiques peuvent prendre les premiers risques mais n'ont pas vocation à financer tous les projets dans leur ensemble. Le secret donc : la blended finance  ! 

La BEI et la Banque de développement du Minas Gerais s’allient pour les PME

🔊 La Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banco de Desenvolvimento de Minas Gerais, BDMG), l’une des provinces les plus industrielles du Brésil, ont profité du sommet Finance en Commun pour signer un nouvel accord.

Les deux banques publiques étaient déjà partenaires, depuis 2019, la BEI ayant mis à disposition une enveloppe de 100 millions d’euros à la BDMG pour financer des projets verts. La pandémie les pousse à ajuster les conditions d’octroi des prêts, pour faciliter et accélérer le financement des PME affectées par la pandémie. Sur la totalité de l'enveloppe, 30 millions d'euro seront affectés aux PME.


Ne pas limiter les Green Bonds à l'Europe et aux États-Unis

"Le défi du climat est global, mais les Green Bonds sont surtout émis en Europe et aux États-Unis. Il faut aider les pays en voie de développement à lancer des Green Bonds. pour cela, nous devons les aider à créer un cadre compatible avec les Green Bonds Pinciples, afin de ne pas financer le Green Washing. Sur ce sujet, les banques publiques ont le pouvoir et la volonté d'agir". 

Ambroise Fayolle, Vice-Président de la Banque européenne d'investissement (BEI)

Comment faire pour attirer les investisseurs privés ?

L’Indonésie a émis le premier "Green Sukuk" en 2018. Avec succès, au fil des réémissions, le pays a levé 2,35 milliards de dollars sur les marchés et a attiré 34 % d’investisseurs de plus. Mais le représentant du ministère des Finances d’Indonésie se demande si les investisseurs privés sont prêts à faire suffisamment d’efforts.

  Y’a-t-il un bénéfice sur le prix ?, se demande Luky Alfirman. Nous ne l’avons pas encore vu. Donc la question, si vous voulez attirer plus d’émetteurs pour ces obligations thématiques, les investisseurs devraient fournir plus d’avantages. 

En Europe, Günther Bräunig, le directeur general de la KfW, la banque publique allemande, est plus optimiste.

 Je pense que l’intérêt des marchés de capitaux est déjà là, au travers des obligations vertes mais aussi des fonds verts, déclare-t-il. Donc je suis optimiste sur l’idée d’arriver à attirer les capitaux privés dans des projets plus verts. 



Investir dans les ODD

Le moyen d’action important, qui ressort du premier débat, c’est que les Objectifs de développement durable peuvent donner une structure à l’action des banques publiques. "Les ODD doivent être intégrés dans les stratégies des banques publiques. Mais l’impact doit avoir plus d’importance que le volume", prévient toutefois Rosa María Sánchez-Yebra Alonso, Vice-Gouverneure de la Banque de développement du Conseil de l’Europe (CEB).

Mais tous les pays sont-ils alignés sur un développement durable ? "Mon inquiétude personnelle, c’est de savoir si la communauté internationale est vraiment engagée pour atteindre les ODD d’ici 2030. Car pour cela, cela veut dire que nous devons augmenter nos financements pour nos pays partenaires", dit Jutta Urpilainen.



Le nouveau normal

"Est-ce le nouveau normal ?", se demande Luky Alfirman, directeur général du budget et de la gestion des risques du ministère des Finances d’Indonésie, à propos de la pandémie.

Les banques publiques doivent s’adapter aux nouveaux besoins de financements (et aux plus faibles revenus) du fait de la pandémie. "Les problèmes de durabilité et de changement climatique restent la priorité. Mais la question est, comment les banques publiques de développement pourront les atteindre dans le nouveau normal. C’est de cela que nous devons discuter", explique Luky Alfirman.

10 nouveaux accords

Jutta Urpilainen, commissaire européenne en charge des partenariats internationaux, est la première à prendre la parole pour la table ronde sur l’action des banques publiques. Elle en profite pour annoncer la signature de 10 nouveaux accords de garantie avec des pays africains partenaires. 

Des grands noms attendus

Tout au long de la journée, de dizaines de dirigeants de banques publiques vont se réunir sur la scène vituelles.

Le moment fort se déroulera à 16h avec l'intervention des chefs d'État et de grands organismes internationaux, juste avant la signature d'une déclaration commune des banques publiques. On retrouvera alors : Emmanuel Macron, Macky Sall (Président du Sénégal), Kristalina Georgieva (Directrice du FMI), Valdis Dombrovskis (Commissaire européen), Wermer Hoeyer (Président de la BEI), Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations unies)...

Rencontre avec Rémy Rioux, patron de l'Agence Française de développement

Quelques jours avant ce sommet, nous avons rencontré Rémy Rioux, patron de l'AFD et de l’International Development Finance Club, organisateur du sommet en commun. Il décrit l'ambition de cette réunion des 453 banques publiques de développement, mais plus généralement l'élan à initier pour retrouver l'esprit de 2015 à Paris. Une interview à lire ici


 "C’est le moment de se demander si on refait comme en 2008 et 2009, sans vraiment se poser de questions. Ou bien si on mise vraiment sur nos engagements pris en 2015, avec les sommets d’Addis-Ababa, New York et Paris – j’y étais ! – pour réorienter en profondeur la finance."

Tout savoir sur les banques publiques de développement

En amont du Sommet, l'AFD et ses partenaires ont fait un long travail de recherche pour traquer les banques publiques du monde. Elles sont 453 et gèrent presque 11 500 milliards de dollars d'actifs. Elles pèsent pas moins de 10 % de l'investissement mondial annuel ! 

 Pour tout savoir sur la base de données mise en place et lancée le 9 novembre, un article de l'Essentiel de la Finance Durable résume tout !


Bienvenue sur le live du sommet Finance en Commun 2020

Retrouvez la rédaction de l'Essentiel toute la journée pour suivre le sommet Finance en Commun. Pour le programme complet, suivez ce lien !









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