Les Prix du reporting climatique avaient eu lieu, en 2019, au moment du Climate Finance Day., @Ademe

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"Après le Coronavirus, plus que jamais les investisseurs doivent accompagner la transition écologique", selon Noam Léandri de l’Ademe

Par  Arnaud DUMAS|Publié le 12/05/2020

Les Prix internationaux du meilleur reporting climatique seront décernés cet automne par l’Ademe, le ministère de la Transition écologique et solidaire et 2° Investing Initiative. Les organisateurs ouvrent l’appel à candidature pour les établissements financiers du monde entier. Pour Noam Léandri, secrétaire général de l’Ademe, ce thème est d’autant plus important à l’heure où une relance économique verte est nécessaire pour construire une économie plus résiliente.

En pleine crise du Coronavirus, le lancement de la nouvelle édition des Prix du reporting climatique est-il d'actualité ?

Plus que jamais il faut que les investisseurs accompagnent la transition écologique. Nous avons constaté à l’Ademe que la relance budgétaire verte, si elle s’accompagne d’un verdissement des investissements sera plus efficace et aura des effets sur le long terme. Ce prix, qui encourage à reporter sur la manière dont les enjeux climatiques sont pris en compte, doit permettre d’orienter les flux financiers vers l’économie bas carbone. Et il est important que de grands acteurs de la place, notamment les banques françaises, y participent, pas seulement des acteurs de niche.

Quelles sont les conditions pour candidater ?

Les établissements financiers pourront candidater entre le 18 mai et le 13 juillet, sur un site que nous avons rénové cette année. Puis nous analyserons les documents, avec le soutien fort de 2° Investing Initiative, ce qui prend du temps car chaque acteur doit faire la démonstration que sa communication est transparente et publique. La date de remise des prix est prévue pour le 28 octobre 2020, la veille du Climate Finance Day. Sauf, bien sûr, si la crise sanitaire nous oblige à modifier la date.

Faites-vous évoluer le prix ?

Oui, nous voulons remettre des prix par catégorie d’investisseur (assurances, banques, asset manager, etc.), plutôt que par thème. Les critères du prix reposent en effet sur quatre piliers : l’intégration des problématiques climatiques à la stratégie globale, à la gouvernance et aux pratiques d’engagement ; l’évaluation et la gestion de l’exposition aux risques climatiques ; l’alignement aux objectifs de l’Accord de Paris ; et la mise en place d’un plan de communication sur le climat à l’intention des clients. 

Cette année, le jury va donc vérifier que les candidats répondent sur tous les critères, et non pas seulement sur l’un des piliers. La problématique du reporting et le traitement de la question climatique est en effet transversale dans organisations et ne peut pas se faire seulement sur un sujet spécifique.

Avez-vous pu détecter des faiblesses particulières des candidats sur leur reporting ?

Certains axes de reporting affichaient des notes moyennes moins élevées que d’autres, l'année dernière. C’est notamment le cas pour les critères sur l’alignement avec l’Accord de Paris et celui sur l’information auprès des épargnants, pour lesquels les candidats semblaient moins en avance.

L’information des épargnants, notamment, est l’un des axes de travail de l’initiative Finance ClimAct, un projet financé par des fonds européens que l’Ademe pilote et sur lequel travaille également 2° Investing Initiative. Nous effectuons des études sur les intentions des épargnants et des visites mystères auprès des conseillers bancaires. Elles montrent qu’une proportion élevée des Français veulent investir dans des produits verts, mais ne sont pas forcément conseillés par leur banquier. Nous allons donc travailler, avec la Fédération bancaire française (FBF) sur la manière de faire évoluer les pratiques des banques, qui sont en général le premier interlocuteur de l’épargnant. 

Il s’agit cependant encore d’un sujet de recherche, difficile à appréhender dans le cadre des critères du prix. Nous regardons plutôt la manière dont les établissements financiers avancent sur le ciblage d’objectifs de décarbonation des portefeuilles et sur l’impact que cela a sur l’économie réelle. Nous voulons récompenser ceux qui font avancer ce débat.

Pourquoi voulez-vous élargir les prix aux acteurs hors d'Europe ?

Nous avions constaté dès 2016, et cela s’est confirmé ensuite, que nous avions une majorité de candidats européens. Mais nous avions été surpris, l’année dernière, de recevoir des candidatures australiennes, américaines et une indienne, qui étaient de qualité.

Nous voulons cette année toucher une audience plus large, notamment aux États-Unis. Les entreprises américaines et les investisseurs sont très conscients des enjeux climatiques, nous espérons qu’ils candidateront. Cette année, nous avons d’ailleurs voulu donner une dimension plus internationale dans l’organisation. Le SASB (Sustainability Accounting Standards Board), déjà membre du jury l’année dernière, entre cette année dans le comité de pilotage.


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