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Philippe Perrault, président de Macif : "Nous voulons donner une impulsion forte au S de l’ESG"

Philippe Perrault, président de Macif et vice-président du groupe Aéma, @Franck Beloncle

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Philippe Perrault, président de Macif : "Nous voulons donner une impulsion forte au S de l’ESG"

Par  Arnaud DUMAS|Publié le 19/07/2021

L’assureur mutualiste a mis en place une stratégie ambitieuse d’investissement durable, dans lequel les aspects sociaux doivent tenir autant de place que les aspects climatiques. Philippe Perrault, président de la Macif, vice-président d’Aéma Groupe, explique que sur ces deux sujets, la Macif travaille avec Aésio, l’autre moitié du groupe Aéma, afin de faire converger leurs stratégies.

Vous venez de publier votre rapport d’investissement responsable. Avez-vous prévu de renforcer vos engagements climatiques ?

Nous allons dans le sens du programme européen qui vise la neutralité carbone d’ici 2050. Nous avons acté la sortie du charbon thermique pour nos investissements et nous n’investissons plus dans les entreprises réalisant plus de 10 % de leur chiffre d’affaires avec les énergies fossiles. Notre politique d’exclusion a été reconnue par Reclaim Finance dans son Coal Policy Tool. Pour les années 2021-2022, nous voulons une politique encore plus forte. Nous allons ainsi renforcer l’analyse de l’empreinte carbone de nos investissements. Nous bénéficions pour cela de l’expertise d’OFI Asset Management, la société de gestion dont nous détenons 61 % des parts. 

Comment voulez-vous atteindre la neutralité carbone ?

Nous voulons privilégier le financement de la transition avant de passer par de la compensation carbone, même si nous savons que nous ne pourrons pas y échapper, d’où, par exemple, notre politique d’investissement dans des actifs forestiers pour une superficie égale à celle de Paris. Mais nous voulons nous assurer d’être en phase avec Aésio sur le périmètre de nos investissements. Nous travaillons sur ce sujet tout au long de l’année 2021.

Vous faites en effet partie du groupe Aéma depuis le rapprochement  en janvier 2021 avec Aésio. Comment travaillez-vous ensemble ?

Nous essayons de faire converger les stratégies d’investissement de la Macif et d’Aésio, dans le cadre du nouveau groupe Aéma. Nous travaillons ensemble pour nous mettre en ordre de marche pour répondre de manière commune aux articles 3-4-5 du règlement Disclosure, pour avoir une politique commune sur les exclusions, une politique de dialogue avec les émetteurs qui ait la particularité de donner une forte impulsion sur le "S" des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance).

Comment contribuez-vous à une finance et une économie plus sociale ?

Avec 39 milliards d’euros d’actifs sous gestion, nous avons un poids important à faire valoir et j’ai insisté pour qu’il soit utilisé sur les aspects sociaux. La taxonomie européenne des activités vertes est un outil formidable, mais je rêve aussi d’une taxonomie sociale. En matière d’investissements, nous prenons ainsi en compte les aspects sociétaux notamment au travers du dialogue actionnarial. Dans notre métier d’assureur aussi nous insistons sur la solidarité. Notre structure mutualiste permet de proposer des services qui ne sont pas des garanties, comme le service "Macif solidarité coups durs", une plateforme d’écoute pour les sociétaires et adhérents qui rencontrent un problème de la vie. Nous avons également une politique volontariste d’accompagnement des aidants, via les garanties mais aussi les services. Et tout cela n’affecte pas l’efficacité économique du groupe, la Macif se porte bien. Au contraire, cela y contribue.

Vous vous intéressez également au risque de perte de biodiversité. Pourquoi avoir choisi le thème de la pollution plastique ?

C’est un véritable fléau. La Macif a un rapport important avec la mer car nous sommes l’un des premiers assureurs des bateaux de plaisance, la pollution plastique nous interpelle. Nous avons lancé des actions fortes en partenariat avec l’ONG Surfrider Foundation Europe. Nous les avons notamment mis en relation avec OFI AM, pour travailler sur le dialogue avec les émetteurs. Des questionnaires réalisés avec Surfrider Foundation Europe ont été envoyés à certaines entreprises liées au plastique dans le courant de l’année 2020, mais ce sera une démarche sur plusieurs années.

Nous avons également participé à la création du label Green Marine Europe de Surfrider Foundation Europe, qui labellise les armateurs qui s’engagent sur l’environnement. Et nous avons fait une campagne proposant à nos sociétaires et adhérents de changer leur contrat de fourniture d’énergie par un contrat groupe d’achats d’énergie verte au travers de notre offre Macif Avantages, avec des fournisseurs sélectionnés par Surfrider Foundation Europe. Pour chaque contrat, nous reversions 10 euros à l’ONG et nous avons atteint 280 000 euros.

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