Les Green et Social bond principles mettent en place des règles volontaires pour assainir le marché., @Investmentzen

SAGA BOND

Les Green et Social bond principles nomment leur conseil consultatif… sans Français

Par   Arnaud DUMAS |Publié le 30/10/2019

Le conseil consultatif des Green et Social bond principles se réunira pour la première fois début 2020. Chargé de conseiller le comité exécutif sur l’évolution du marché, il ne contient pas d’organisations françaises, alors que la France est le troisième émetteur mondial de Green Bonds.

Le sujet des obligations vertes et sociales ne laisse pas indifférent le monde de la finance. Pour réunir son premier conseil consultatif pour les Green bond principles et les Social bond principles, l’Icma (International capital market association) n’a pas manqué de candidats. Elle a reçu près de 90 dossiers, pour les 40 places prévues dans la nouvelle entité, dont la création a été annoncée à l’assemblée générale des Green bonds au mois de juin dernier. Les Green bond principles et Social bond principles sont chargés de mettre en place des lignes de conduites volontaires sur la transparence et le reporting de ces obligations. Ces principes doivent assurer la mise en place de règles garantissant l’intégrité de ce marché encore jeune.

La participation à l’élaboration et à l’évolution de ces règles est particulièrement importante, tant pour les émetteurs que pour les investisseurs et les banques arrangeuses. Et à la surprise générale, aucun Français n'est membre de ce conseil, alors que la France était le troisième émetteur mondial de Green Bonds en 2018, selon Climate Bond Initiative. L'association internationale des marchés de capitaux se justifie. "Le conseil consultatif doit être complémentaire du comité exécutif, où les Français sont très représentés", explique-t-on à l’Icma.

En effet, les investisseurs Amundi, Axa Investment Managers et Mirova, et les arrangeurs BNP Paribas, Crédit Agricole CIB et Natixis figurent déjà parmi les membres du comex des Green bond principles, des Social bond principles et des Sustainbility bond guidelines. Les candidats français au conseil consultatif auront toutefois peut-être plus de chances l’année prochaine, le mandat des organisations conseillères ne durant qu’un an (renouvelable).

Forte présence européenne

À défaut de Français, les Européens sont en revanche particulièrement bien représentés dans le panel sélectionné pour siéger au comité consultatif, avec plus d’un tiers des postes à son crédit. Les candidatures venues d’Europe étaient d’ailleurs les plus nombreuses : 42 dossiers, contre seulement 16 d’Amérique du Nord ou 20 d’Asie. Des chiffres qui reflètent l’appétit de ces marchés pour les obligations vertes et sociales... 

Le comité exécutif des Principles a quand même cherché un équilibre dans la composition de son instance de conseil, en réservant 13 sièges pour les représentants américains et 10 pour les asiatiques. Parmi les membres du conseil consultatif, se trouvent ainsi des organisations européennes comme Allianz Global Investors ou encore le London Stock Exchange, qui vient justement de publier sa Green Economy Mark dans laquelle il prévoit de créer un segment de marché pour les Green bonds. Mais également des américains comme Morgan Stanley, Fannie Mae, Wells Fargo AM, Moody’s (avec Vigeo), et des asiatiques comme Bank of China ou Financial Services Agency of Japan. 

Le conseil consultatif, qui sera réuni trois fois par an, aura pour mission d’informer les membres du comité exécutif sur le développement et les nouveautés du marché des obligations vertes et sociales, lui fournir des recommandations sur le marché, et faire le lien entre le comité exécutif et tous les autres membres et observateurs des principes. La première réunion est prévue pour le début de l’année 2020.