L'aide de la Banque mondiale aux pays les plus pauvres pour lutter contre le Covid-19 n'est débloquée que trois mois après le début de l'épidémie., @Unicef

SAGA BOND

Les Pandemic Bonds, prévus pour lutter contre le coronavirus dans les pays pauvres, sont enfin - partiellement - débloqués

Par  Ludovic DUPIN|Publié le 28/04/2020

Ils ne sont pas loin d’arriver après la bataille. Les Pandemic Bonds de la Banque mondiale censés venir en aide aux pays les plus pauvres en cas de pandémie ont enfin réuni les critères de propagation et de mortalité pour être utilisés. Mais la somme de 195 millions de dollars apparaît bien tardive et limitée.

Décidément, les Pandemic Bonds auront été loin d’avoir tenu leurs promesses. Il aura fallu attendre 2,6 millions de malades dans le monde et près de 180 000 décès pour que cet outil, imaginé par la Banque mondiale en 2016 pour répondre à des épidémies mondiales, ne se déclenche. "C’est très tard, et ce n'est pas le paiement rapide qui a été promis au conseil d'administration de la Banque mondiale lorsque le programme a été approuvé", déplore, dans le Financial Times, Olga Jonas, expert au Harvard's Global Health Institute.

Cet outil a été imaginé en réponse à la crise d’Ebola en 2014 qui avait fait 11 000 morts. Le principe consiste à lever un emprunt obligataire auprès d’investisseurs internationaux, ici de 320 millions de dollars au total, qui leur offre de très forts rendements, entre 10 et 14 %. En cas de crise épidémique liée à une liste de maladies prédéfinies (Ebola, Sras, Coronavirus, fièvre hémorragique, etc.), le montant des obligations est reversé dans un fonds de la Banque mondiale afin de venir en aide aux pays les plus pauvres. Dans ce cas-là, les investisseurs perdent quasiment toute leur mise.

Encore un comité à réunir

Déjà, l’outil ne s’était pas déclenché en 2018 lors d’une nouvelle flambée d’Ebola qui avait fait 2000 morts. Cette fois, il aura fallu attendre trois mois après la première alerte épidémie de l’OMS sur le Covid-19 pour que "tous les critères d'activation, y compris la taille, la propagation et la croissance de l'épidémie, soient respectés", comme l’explique la Banque mondiale dans un communiqué. Et encore, sur les 320 millions de dollars levés pour le Pandemic Bond, seuls 195 millions d’euros vont être reversés au fonds spécifique d’aide.

Reste à savoir quand et pour qui. Car la somme est modeste face à l’ampleur de la pandémie. Un comité va se réunir pour répartir les fonds parmi une liste de 76 pays pauvres. Le comité sera constitué de diplomates issus de l’Australie, de l’Allemagne, du Japon (principaux investisseurs de l'obligation), ainsi que deux représentants des pays bénéficiaires, Haïti et le Liberia.

"L'insuffisance totale des obligations pandémiques en tant qu'outil pour aider les pays à prévenir les crises a été clairement mise en évidence. Une telle solution basée sur le marché est conçue pour favoriser les investisseurs, pas les besoins de développement", déplore Mark Perera, responsable des politiques et du plaidoyer chez Eurodad - le réseau européen pour la dette et le développement, cité par Reuters. 


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